Les échos & les threads

Published on 11 janvier 2019 |

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Les échos #1-2019

Voilà. Il fallait s’y attendre. Au milieu des fêtes, nous avions la possibilité de faire grassement ripaille et d’oublier un peu, chacun retranché dans nos chapelles, les débats de l’année écoulée. Et paf, voilà que la question de la viande est revenue à table aussi sûrement que les gilets jaunes.

Mi-décembre, les décodeurs du Monde avait déjà détaillé, pourquoi, selon eux, la viande était une catastrophe pour l’environnement. L’occasion de se voir renvoyer dans les cordes sur twitter pour avoir oublié de citer, dans ce papier à charge, les aménités de l’élevage. Mais c’est à la rentrée que tout s’est emballé avec la publication de la tribune des 500. 500 personnalités nous invitant, comme elles, à faire un jour maigre sans poisson ni viande (tiens, ça me rappelle un truc) chaque lundi, histoire de participer au sauvetage de la planète, rien que cela… Le moins qu’on puisse dire c’est que ça a largement buzzé et poussé à réagir.

Dans le Daily Mail, Angela Dowden s’interroge, c’est de saison, à propos du mois végétarien auquel les stars succombent. Mais les aliments et plats végétariens sont-ils meilleurs pour la santé que les autres alors qu’ils sont souvent le fait de l’industrie agroalimentaire ? La réponse n’est probablement pas celle que vous croyez !

Dans le New York Times, Roni Caryn Rabin dresse, elle, la liste des ingrédients alimentaires autorisés sur le sol américain et interdits en Europe. Elle note que les entreprises agroalimentaires américaines reformulent leurs produits à destination de notre continent mais utilisent leurs recettes traditionnelles sur leur marché domestique. Ces débats sans fin ont fait réagir Jean-Louis Peyraud. Le chercheur de l’Inra aimerait bien qu’on arrête de mélanger tout et n’importe quoi pour avoir une réflexion complète et non résumée à quelques imprécations et vociférations. Quant à Paul Ariès, politologue, auteur d’un livre intitulé « Lettre ouverte aux mangeurs de viande », il signe une tribune saignante (oui je sais, c’était facile, mais c’est la rentrée #indulgence ?) dans le Monde dans laquelle il accuse sans détour les véganes de mentir au monde sur leur projet réel, bien plus mortifère selon lui que la façade bien pensante qu’il nous est donné de voir.

D’ailleurs, les choses sont toujours bien plus complexes non ?

Et je ne résiste pas au plaisir d’enfoncer un peu plus le coin du doute dans vos esprits, ou d’aiguiser, en cette rentrée, votre esprit critique. Une étude publiée en septembre dans Nature Sustainability tend à montrer que, au final, on aurait peut-être plus intérêt à intensifier les cultures en places pour nourrir la population mondiale plutôt que d’aller étendre les productions sur des terres non encore cultivée.

Ah tiens, aussi, cette étude publiée dans Obesity review et relevée par le New York Times ne mettra personne d’accord. À moins d’admettre que la variété des régimes fait la santé quand elle est combinée à une activité physique importante. D’ailleurs, les auteurs de l’étude, ils se sont penchés sur les dernières tribus de chasseurs-cueilleurs, rappellent que les ennuis (de santé) commencent précisément quand ces tribus dérivent vers le modèle occidental alors qu’avant elles présentent des taux d’obésité, de maladies chroniques ou cardiovasculaire bien inférieurs à ceux de nos sociétés modernes.

Ça ne vous donne pas envie de retourner à la chasse ? Ou à la cueillette si vous participez au Venganuary

Pendant ce temps l’eau coule sous les ponts et la Cour suprême (de volaille ?) des États-Unis a confirmé l’interdiction de produire du foie gras sur le territoire de la Californie, au nom de la lutte contre les cruautés faites aux animaux et au Royaume-Uni, une députée verte demande la création d’une taxe sur la viande.

Enfin, les gazettes s’en sont fait l’écho en fin d’année, Pyros est (probablement) mort, on n’a plus de ses nouvelles depuis deux ans. C’est la fin de celui qui était parfois appelé Don Juan. La dernière vidéo enregistrée, à son insu, date de 2016. Il avait alors 28 ans, et une nombreuse descendance dans les Pyrénées centrales puisqu’il était parvenu, depuis sa réintroduction en 1997, à chasser les autres mâles, gardant jalousement son harem pour son usage exclusif. Un peu comme ces loups du Minnesota qui, traqués (ou trackés) par des GPS, ont livré toute l’étendue de leur territorialité.

Bonne année !

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5 Responses to Les échos #1-2019

  1. supercalifragilistic says:

    Demander d’aiguiser notre esprit critique juste après avoir fait de la pub pour le livre de Paul Ariès en relayant son article qui est rempli de sophismes, de généralisations abusives et sombre dans une sorte de technophobie complotiste portant en horreur toutes les biotechnologies, assez marrant j’avoue !

    Vous lui accordez vraiment de la crédibilité ? j’espère que non, que c’est juste pour troller, sinon c’est assez inquiétant de la part d’une revue scientifique… 😀

    • yann says:

      Bonjour, merci pour votre remarque. Si Monsieur Ariès est effectivement contesté – ce n’est pas la première parole en effet contestable qui échoue dans les échos – son point de vue a été fort repris sur les réseaux sociaux par les défenseurs de la consommation de viande. L’objet des échos étant justement de proposer une recension des débats qui agitent la sphère médiatique, il est logique, de mon point de vue, que ce texte soit signalé. Simplement parce qu’il participe du débat en cours 🙂 Yann (rédacteur des échos).

  2. A.G says:

    Pas pu lire la tribune d’Ariès elle est bien au chaud derrière un « paywall » (un péage).
    Mais voici une relecture qui pourrait aussi participer à l’éclairage de cette tribune qui a le mérite de bien illustrer le sophisme de l’homme de paille :
    http://howimetyourtofu.com/debunkage-7-lagenda-cache-des-antidreyfusards-a-la-solde-du-transhumanisme-qui-mangent-des-nourrissons

  3. A.G says:

    — Après lecture complète de l’article —

    En définitive l’article de « How I met your tofu » citait une grande partie de l’article…

    Volontairement caricatural, et avec un brin de mauvaise foi je résumerais bien ça ainsi :
    J’accuse cette tribune de mélanger sciemment les concepts et courants (véganisme, spécisme et antispécisme, RWAS*, animalisme, transhumanisme, militantisme, …) en écartant les vraies questions posées par le véganisme et susciter de la peur et ou de l’adhésion … et pensez bien à acheter son bouquin, 9€95 dans toutes les bonnes boucheries…

    Bref, Le « projet végan » (tel que nullement défini par aucun « Livre ») ne me semble pas désigner d’ »ennemi extérieur ». Au contraire il y a un objectif positif, celui de réduire individuellement les souffrances animales en éliminant de nos alimentations/consommations respectives les souffrances dispensables. Point.

    De fait je ne vois pas comment un « simple végan » pourrait « se retrouver » dans ce texte d’Ariès où il prétend que « le véganisme veut en fait en finir avec toute forme de prédation animale* », c’est manifestement un texte qui ne parle pas des végans et va certainement en heurter plus d’un… Ceux, décrit par Ariès, s’ils existent vraiment, se comptent certainement sur les doigts d’une main*… Mais ce texte « saignant » sera certainement accueilli avec délectation par la quasi totalité des autres lecteurs, certainement une bonne opération au final…

    Espérons que ce grand confusionnisme tienne plus de l’erreur que de la manipulation délibérée…

    *Reducing Wild Animals Suffering : Là on est probablement pas loin du grand n’importe quoi…
    Et comme bon nombre de végans ne se retrouvent pas dans l’antispécisme, un certain nombre ont déjà « étudié » ce courant voir : https://www.youtube.com/watch?v=x9DIvpJnBBo et http://www.cahiers-antispecistes.org/numero/cahiers-antispecistes-n41-eliminer-les-animaux-pour-leur-bien/

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