Les échos & les threads

Published on 19 avril 2019 |

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Les échos #15-2019

Par Yann Kerveno

Monte aujourd’hui dans les actualités, la probable prochaine peur collective. Après les pesticides, voici venues les super bactéries et champignons résistants aux antibiotiques.

On sait depuis au moins deux décennies que l’emploi d’antibiotiques, par exemple, comme facteur de croissance dans les élevages du monde entier a eu un effet délétère en la matière. Dans la dernière livraison de Productions animales, une équipe de chercheurs s’est penchée sur l’usage de ces médicaments. Ils ont tenté, par la sociologie, de comprendre les mécanismes qui conduisent à la réduction de leur usage. (D’ailleurs en passant, si le pic d’utilisation des antibiotiques a eu lieu en 2005, elle est aujourd’hui inférieure à celle mesurée en 1999 est-il signalé). Une autre équipe publie dans le même numéro un état des lieux sur les synergies entre les productions animales et végétales, un peu oubliées par le grand mouvement de spécialisation de ces cinq dernières décennies.

Tiens puis qu’on parle de produits vétos, il y a aussi cette étude réalisée par Greenpeace Research Laboratories qui met en évidence la présence de pesticides, mais aussi de médicaments vétérinaires dans les petits cours d’eau européens. Avec un dépassement des normes pour une des molécules dans treize des échantillons prélevés en 29 lieux dans 10 pays différents. Concomitamment et sans qu’il y ait de liens de cause à effet, Syngenta annonce vouloir changer de direction. Générant pas mal de scepticisme quand même.

Au-delà des polémiques infernales sur la question des pesticides, une question se fait jour à force de regarder ce dossier de près. Si des produits sont considérés comme dangereux dans un pays, pourquoi pas ailleurs ? #Paradoxe. L’affaire avait fait du bruit il y a quelques semaines, vous vous souvenez, lorsque l’Assemblée nationale avait autorisé la fabrication en France de pesticides interdits d’épandage ici mais autorisés à l’exportation. Donc utilisable ailleurs. C’est une question morale finalement, qui rapproche des débats de ces derniers jours sur les ventes d’armes et leur utilisation dans des conflits lointains.

D’ailleurs en Suisse, cette question suscite aussi des débats et des mises en accusation. En attendant, l’annonce de la mise en ligne par Bayer des études menées par Monsanto sur le glyphosate, donc accessible à tous, n’a pas déclenché l’avalanche de commentaires et #threads que Les Échos attendaient avec impatience pour essayer d’y voir plus clair et se faire une idée définitive. Et la bagarre continue de plus belles, (à la « va que je te bloque sur twitter ») pour savoir qui aura le dernier mot. Ta parole contre la mienne.

Et de l’autre côté de l’Achéron, il y a cette étude, qui montre l’évolution des rendements en blé depuis 1840. Parfaitement passionnante et qui permet de prendre du recul et de se rendre compte que chaque progrès technique provoque un bond en avant.

Et si la solution venait du politique et de l’évaluation des risques ?

En Espagne on s’inquiète comme dans certains coins de France de la sécheresse de ce printemps, mais bon, c’est de la sécheresse en Espagne. Au Kenya il fait sec et c’est la situation alimentaire du pays qui est sous pression. Ici, on se préoccupe de la nourriture de l’avenir, celle de demain nous est acquise et finalement, peut-être qu’on pourra bientôt croquer dans un steak de Mammouth, ou mieux de Tyrannosaure 1 ! Décidément, nous ne sommes pas au bout de nos surprises à moins que d’ici là un nouveau « mouvement contre » ait eu raison du procédé ? Il y a franchement des vendredis où on est content de voir arriver le week-end et de penser aux siestes à venir.

L’Ours des Pyrénées lui va vraisemblablement devoir apprendre à siester dans le bruit ! Pour se détendre, puisqu’on a parlé de cannabis dans la semaine avec le #thread du mercredi, je vous paye un burger au CBD (mais attention ce n’est pas un burger vegan !) C’était le moment idéal pour parler du Brexit et de la PAC, mais en fait non. On se retrouve dans deux semaines après la pause pascale.

  1. Les dates ont toujours une importance




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