Les échos & les threads

Published on 10 mai 2019 |

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Les échos #17-2019

Par Yann Kerveno

La guerre commerciale mondiale amorcée par Donald Trump ne faiblit pas. Il vient de décider, faute d’un accord trouvé avec le Mexique, d’appliquer une taxe douanière de 17,5 % sur les tomates mexicaines. Le Mexique en exporte chaque année pour 2 milliards de dollars vers les États-Unis qui veulent imposer aux producteurs mexicains un prix minimum de vente sur le sol américain dans le cadre de mesures anti-dumping. Reuters s’est d’ailleurs posé la question, au delà des annonces, de savoir qui payait, au final, la note de ces frais de douanes ? Contrairement à ce que dit Trump, ce sont souvent les consommateurs. Si si. Ça c’était l’entrée du menu du jour.



En plat de résistance de ces échos, je vous propose un rôti d’informations bien ficelé d’informations. Dans sa rubrique Long Read, le Guardian propose un passionnant papier de Joshua Specht sur l’histoire de l’industrie de la viande. Nous voici à la fin du XIXe siècle lorsque se mettent en place les équilibres qui perdureront tout au long du XXe siècle, avant que les Brésiliens prennent le pouvoir dans la filière. Ce long papier, tiré d’un livre écrit par cet auteur n’est pas sans rappeler un autre ouvrage, publié au Royaume-Uni en 2000, par un boucher devenu historien qui contait l’histoire du commerce de la viande en Europe depuis le Moyen-âge.

Dans Le Monde, vous apprendrez aussi comment l’homme est devenu carnivore, puisque c’est bien la génése de cette longue histoire qui nous conduit aujourd’hui jusqu’à la viande de synthèse dont nous parlons régiulièrement. Viande à laquelle AlimAvenir consacre une étude à paraître bientôt et sur laquelle le journaliste Claude Boiocchi revient dans un point de vue : « Au même titre que les fraises issues du milieu carcéral imaginées par Agricool et défendues aussi dans le secteur « food » start-upien, la « clean meat » risque bien d’être toujours asymptotique à son grand accomplissement nutritionnel, du simple fait que les phénomènes naturels qui donnent lieu à la pousse des plantes, des arbres, des fruits, ou à la croissance des animaux échappent au moins dans une certaine mesure à toutes les équations » écrit-il.

Amateurs de viande au premier chef, les loups croquent du cerf sur la place d’un village et cela émeut la France entièrement ramenant le genre lupus sous les feux de la rampe. Mais, jaloux, les ours ne s’en laissent pas compter puisqu’on leur attribue, dès la sortie de tanière, de nouvelles attaques dans les Pyrénées.



C’est Goïat qui serait à l’origine de ces premières prédations de l’année faisant sortir du bois d’une part le ministre de l’agriculture bien décidé, dit-il, à toujours prendre le parti des éleveurs sur ce dossier et d’autre part les opposants à l’ours pour leur première manifestation de l’année. À Paris, ce sont les militants du mouvement Vegan qui sont passés à l’action en prenant pour cible une boucherie bio. On leur dit que les dromadaires sont a priori sensibles au prion ? Ça ne nous rajeunit pas et dans ce papier on apprend d’ailleurs qu’après avoir interdit les farines animales sur son territoire en 1988, le gouvernement anglais a toutefois continué à les exporter jusqu’en 2011…



On ne sait si les grands carnivores sont soucieux de diététique, mais sur le site suisse Heidi.news, Bertrand Kiefer s’interroge lui sur la nutrition et pourquoi sur ce sujet, précisément, il se dit tout et n’importe quoi. Revenant sur un papier publié à l’automne dernier par John Ioannidis dans la revue JAMA (Journal of american medecine association), il campe le problème ainsi « Que sait-on de solide concernant le bien-manger ? Pas grand-chose. Le problème, c’est que les associations entre données épidémiologiques et facteurs nutritionnels n’équivalent pas à des causes. Entre les deux existe un fossé. Ce que nous pensons solide est souvent incertain, voire faux. Et cela, encore plus en nutrition qu’ailleurs. » Il y souligne notamment le jeu des lobbies. Je ne sais pas vous, mais moi ça me rappelle des trucs.

Pour le dessert, voilà un sujet de réflexion pour le week-end : vaut-il mieux être gros en milieu rural que maigre en ville ? Je vous laisse le soin de tirer vos propres conclusions, mais la revue Nature vient de publier une étude d’ampleur qui tend à montrer, c’est contre-intuitif, que l’obésité progresse aussi et surtout en milieu rural. Les auteurs appellent même à mettre en place très rapidement une approche nutritionnelle spécifique au monde rural. D’ici là, en Espagne, le problème sera peut-être réglé par la disparition des habitants des zones rurales. C’était le Thread de la semaine sur twitter.


Des nouvelles de la série GoG (Game of Glypho), le Monde et France Télé ont mis la main sur des documents établis par une agence de relations publiques pour le compte de Monsanto qui ficheraient les opinions de deux cents personnes pouvant être des relais d’opinion. Le Monde mais aussi d’autres personnalités ont annoncé avoir porté plainte ou vouloir le faire. Pour mieux comprendre les ressorts formels de ce dossier où la raison se dilue chaque semaine dans les invectives, on pourra se plonger dans ce passionnant constat de Dominique Méda sur les relations entre universitaires et politiques. Passionnant et éclairant. Ou bien cet éclairage aussi d’un confrère canadien sur la manière dont la presse rend compte des débats.


Si le dossier Glyphosate semble en fait être surtout un dossier Monsanto, tout n’est pas à jeter dans le monde de l’hyper business. Il y a aussi a ce mouvement important de Danone et de son Pdg Emmanuel Faber s’est distingué en appelant les entreprises agroalimentaires à la responsabilité et à être les acteurs de la révolution à mener en matière alimentaire. En partie certifié B Corp (30 % de ses ventes sont concernées à ce jour), Danone a ouvert son armoire forte pour donner accès à une ressource de 1800 souches de ferments lactiques à la science. Afin qu’elle puise dans ce trésor pour élaborer des aliments plus vertueux. Pendant ce temps là, et pendant que la rougeole revient en force dans l’actualité, voici une autre maladie qui fut un standard des manchettes l’an dernier et reste en pointe sur les réseaux sociaux : la maladie de Lyme dont la publicité aurait conduit à une augmentation drastique mais souvent infondée du diagnostic.

Au fait, quelqu’un a des nouvelles de Theresa May et du Brexit ?




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