Les échos de Sesame

Published on 7 septembre 2018 |

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Les échos #26-2018

Le problème de la rentrée, c’est qu’il faut rattraper tout ce qu’on a manqué pendant l’été. Et dans le champ de Sesame, ça représente une somme importante d’informations qui donne juste l’envie d’avancer un peu la date d’entrée en hibernation.

En parlant d’hibernation, l’ours fut, et reste, un des sujets phare des semaines écoulées avec le projet de réintroduction de deux plantigrades en Béarn à l’automne, projet cher à Nicolas Hulot, et ses prédécesseurs depuis un bon moment comme nous le rappelle cette archive de France Culture de 1998. Pour en revenir à nos moutons de 2018, il y avait d’abord eu l’annonce du projet, l’annonce de la concertation publique, l’annonce de la visite du ministre, puis l’annonce de l’annulation de la visite jusqu’à sa démission la semaine passée. Tout au long de l’été, opposants et partisans se sont affrontés médiatiquement, jusqu’à l’organisation d’une manifestation spectaculaire à Estaut.

L’ours n’est peut-être pas la goutte qui a fait déborder le vase du ministre de la transition écologique, mais il fut probablement un des dossiers qui ont donné à Nicolas Hulot de quoi réfléchir sur la politique moderne et la conduite des affaires.

L’hebdo Réforme propose une lecture décalée de cette actualité sous la plume du pasteur Jean-Christophe Muller qui nous explique que l’ancien ministre de la transition écologique ne pouvait, au final, pas endosser un costume de roi après avoir si longtemps porté celui de prophète. Comme partout, cette question de l’ours est profondément clivante et oppose, au final, deux visions des espaces naturels et des représentations que nous en avons. Avec d’un côté, le monde non-agricole plutôt favorable à la présence des ours en montagne et de l’autre, le monde agricolo-rural fermement campé sur le rejet de la présence de l’ours avec entre les deux la propagation de fake news (si si, il y a même un Décod’ours réalisé par le réseau Ferus) et quelques bergers pour sortir du troupeau et clamer qu’il est possible de vivre avec l’oursSciences et Avenir a dressé une liste de cinq dossiers emblématiques considérés comme des moments politiques ratés du gouvernement sur la question de la transition écologique, du nucléaire à la chasse en passant par l’artificialisation ou le glyphosate… 

Mais cette démission spectaculaire a des vertus, au moins sur la popularité du démissionnaire vite redevenu une des personnalités les plus appréciées les Français. Elle aura aussi mis en lumière, une fois de plus, l’arrière-cuisine de la construction des politiques et le rôle particulier qu’y jouent les lobbies, corps social mouvant incarné à merveille et cynisme médiatique par Thierry Costes, l’homme des chasseurs. Elle pose enfin une nouvelle fois les questions du politique et de son pouvoir, de l’écologie et de l’économie qui semblent, au moins pour notre monde, aussi inconciliables que les pros et les anti-ours !

Pour faire le tour de la question, on pourra se plonger avec intérêt dans la série de papiers confiés par AOC au philosophe Pierre Charbonnier qui a passé l’écologie à la moulinette des grands systèmes politiques, les libéraux, les socialistes et les réactionnaires, en trois volets (sur abonnement). 

Et si vous désespérez de la condition humaine en cette rentrée, intéressez-vous aux végétaux qui semblent, c’est le point de vue de Stefano Mancuso, bien plus intelligente que les espèces du règne animal. À vendredi prochain ! 




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