Les échos & les threads

Published on 27 septembre 2019 |

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Les échos #28-2019

Par Yann Kerveno

Pendant que la fièvre porcine continue de décimer les porcs en Chine, la maladie progresse vers l’Europe et le reste du monde. La Corée du Sud vient de confirmer son 7e cas et craint maintenant que la maladie s’étende dans tout le pays, tandis que les Philippines viennent d’être touchées. En Ukraine, l’épidémie aura conduit à l’abattage de 100 000 bêtes même si le nombre de cas est en recul pour la première fois depuis la survenue de l’épidémie dans le pays en 2017 avec 163 cas, puis 145 en 2018. Les autorités sanitaires ukrainiennes appellent d’ailleurs instamment le gouvernement à rémunérer les chasseurs pour qu’ils régulent les populations de sangliers, un des outils prophylactiques utilisés dans l’Union européenne. Vous trouverez au bout de ce lien le dernier bimensuel réalisé par l’Office International des Épizooties (OIE).


Aux États-Unis, où la maladie causerait la perte de milliards de dollars, l’association américaine des vétérinaires s’inquiète du trafic des matières premières dans les ports. En faisant remarquer, selon une étude de l’université du Kansas, que le virus pouvait survivre dans des aliments (du soja par exemple) à un voyage océanique de 30 jours… Les autorités anglaises conservent leur niveau d’alerte au niveau « médium », ce qui signifie que la maladie peut débarquer dans le pays dans les douze prochains mois. L’inquiétude est réelle : en juin dernier, le virus a été découvert en Irlande du Nord lors de la saisie de 300 kg de viande importés illégalement…


Autre épidémie dont il se parle ces jours-ci, les suicides en agriculture. La résurgence de cette cruelle actualité tient beaucoup, cette fois, à la réalisation d’un film par un enfant d’agriculteur ayant connu ce destin tragique. À regarder l’écume médiatique qui entoure cette sortie, l’accueil est plutôt bon. Les esprits chagrins y verront un peu de commisération urbaine à l’endroit du monde rural, les autres un témoignage fort sur la réalité de l’agriculture aujourd’hui. 20 minutes et France Bleu ont poussé un peu plus loin en se demandant comment les agriculteurs eux-mêmes percevaient les fictions consacrées à leur métier et quotidien. Mais les interviewes de promotion du film suscitent des débats chez les agriculteurs.


Terre-Net en profite pour faire une recension des publications liées à cette questions. Les journaux ont largement titré sur le phénomène, un agriculteur se suicide tous les deux jours et  la Mutualité sociale agricole a complété son dispositif de prévention par un numéro de téléphone, Agri’écoute pour offrir un espace de parole à la détresse et vient compléter le réseau agri-sentinelles.

Alors que la question du climat occupe une large part de la surface médiatique, il y a cette étude fort intéressante sur la couverture du risque météorologique en France, publiée par la chaire économie du climat de Paris Dauphine. Où l’on apprend, ce n’est pas intuitif, que l’essentiel des indemnisations calamités agricoles des agriculteurs entre 1980 et 2013 l’est au titre de… la sécheresse et que, sur la période 2000-2012, les indemnisations des fourrages perdus ont représenté 70 % de l’enveloppe. En marge de nos préoccupations, mais pas tant, le Sénat français a voté cette semaine l’interdiction de destruction des invendus pour les produits non-alimentaires. Du côté de la viande, en Australie, un labo vient de se voir subventionner pour aider au développement de la viande de kangourou de labo, Ikea a annoncé développer et généraliser une version végétarienne de ses fameuses boulettes de viandes (faudra assembler les légumes ?) afin d’aider ses clients à changer de régime alimentaire. 


Dernière trouvaille de l’industrie alimentaire, c’est une entreprise autrichienne qui développe des steaks mi-viande mi « à base de plantes » suivie comme son ombre par le géant Danish Crown, là aussi pour aider les mangeurs de viande à mieux végétaliser leur assiette. Et sauver la planète. Of course. On ne sait pas comment Yuka classera ces produits, mais l’application a fait l’objet d’une étude, en particulier sur l’impact qu’elle peut avoir sur les comportements des consommateurs. Pas inintéressant à l’heure où des enseignes annoncent des changements de compositions dans leurs produits pour être mieux notés par l’appli. Bon, on aurait aussi pu parler ses sursauts morbides de la loi Egalim, du cuivre, des zone sans pesticides et des feux allumés la nuit dans les champs pour dire l’exaspération du monde agricole ou du rétropédalage après un début de polémique de la Conférédation paysanne sur son alliance, de circonstance, avec L214, le mouvement anti-élevage. Mouvement dont la stratégie serait d’éreinter d’abord l’élevage industriel pour pouvoir ensuite disposer plus facilement des élevages modestes. Mais on y serait encore demain. Et pour le week-end allez donc traîner sur le site de Linda Chalker-Scott, les mythes sur les plantes, le sol, l’agriculture… tombent comme à Gravelotte.

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